ça dépend, ça déblogue

« Je ne suis ni pour ni contre, bien au contraire » (Coluche)

Que peut – on bien écrire quand rien ne vient ? La réponse peut paraître simple : rien

C’est vrai, inutile d’en faire un fromage après tout. C’est comme quand on a rien à dire en somme, on ferme sa … Oups j’ai failli dire un gros mot. 

Et puis, j’imagine que le monde ne s’arrêtera pas de tourner si je ne commets pas un énième délire écrit. Seulement voilà, je me suis lancé le défi d’écrire régulièrement. Et j’avoue être un tantinet têtu.

Alors je commence à parcourir des publications sur les réseaux sociaux, à explorer les actualités. Et là je tombe sur un truc loufoque : Les « Chuck Norris facts ». En bon français « Les faits sur Chuck Norris »

Quésaco ? Me voilà intrigué. Bien entendu, j’ai appris le décès de l’acteur. J’ai vu certains de ses films, bon… Pas de quoi grimper aux rideaux. Néanmoins il était une sorte d’icône de l’Amérique triomphante. Celle qui ne s’en laisse pas compter, qui distribue les pains en veux-tu en voilà. La série Walker Texas Ranger l’a élevé au rang d’archétype du flic incorruptible et invincible. Le roi du coup de tatane dans la tronche.

Dans l’un de ses films, il est rappelé à l’ordre par un politicien :

Braddock, faites attention où vous mettez les pieds.

Je mets les pieds où je veux, Littlejohn. Et c’est souvent dans la gueule !

Tout est dit.

J’étais loin de me douter qu’il avait suscité une telle déferlante de blagues,  lui attribuant des qualités impossibles, surhumaines. Des caricatures des héros virilistes qu’il a incarnés.

J’entreprends de parcourir cette intrigante liste de faits improbables. A ce moment-là je suis quasiment résigné. Quand ça ne vient pas, inutile d’insister. Pas d’inspiration ? Tu remballes les gaules et tu fais autre chose. Je dois me rendre à l’évidence.

Oui mais voilà… Chuck Norris, lui, ne se rend jamais à l’évidence. Ah non ? Non…

C’est l’évidence qui se rend à Chuck Norris !

Mais comme je voudrais être Chuck Norris, là tout de suite !

Car l’avenir se demande parfois ce que Chuck Norris lui réserve.

Imaginez que quand Dieu a dit « que la lumière soit ! », un type a répondu « on dit s’il vous plaît ». Devinez qui ?

 Les samouraïs tuent des mouches avec leur sabre; Chuck Norris, lui, tue des samouraïs avec des mouches.

Les Suisses ne sont pas neutres, ils attendent de savoir de quel côté se range Chuck Norris.

Chuck Norris ne porte pas de montre, il décide de l’heure qu’il est.

Chuck Norris a frôlé la mort, elle ne s’en est jamais remise.

Mais du coup je me demande s’il a vraiment tiré sa révérence. Comment la mort aurait – elle osé s’en prendre à lui ? C’est connu, ses ennemis ne l’ont jamais tué car ils avaient trop peur de sa vengeance.

En fait je pense que Chuck Norris a décidé qu’il était temps pour lui d’aller dire deux mots à Dieu. Histoire de lui rappeler qui est le patron.

Je vous promets que je n’ai pris aucune substance bizarre.

Après réflexion, je trouve qu’il y a quelque chose de fascinant dans cette avalanche de bons mots autour d’un acteur qui, objectivement, n’a jamais été un monstre sacré du cinéma. Pas un Brando, pas un De Niro ou un Pacino. Stallone ou Schwarzy auraient pu y avoir droit, mais non, ou alors ça n’a pas pris.

C’est bien lui qui a hérité de cette mythologie absurde, disproportionnée, presque cosmique. Pourquoi lui ?

Peut‑être parce que Chuck Norris est devenu malgré lui une sorte de totem collectif, un exutoire humoristique.  

Un héros tellement imperturbable, tellement invincible, tellement caricatural… qu’il en devient parfait pour la parodie.  

Il n’a pas besoin d’être exceptionnel : il suffit qu’il distribue les coups de savate, sans suer, sans se décoiffer. Le Lance Armstrong de la castagne.

Chuck Norris a suscité un terrain de jeu. Un espace où l’on peut exagérer sans limite, où l’on peut rire de la virilité outrancière, où l’on peut pousser le curseur jusqu’à l’absurde. J’étais parti sur un manque d’inspiration, d’un vide, d’un « rien à dire »…  voilà que je me retrouve à méditer sur un phénomène culturel improbable.

N’est – ce pas exactement ce que fait l’esprit quand on le laisse dériver : il attrape un détail, un non‑événement, une broutille. Il tire un fil, puis un autre, jusqu’à tricoter quelque chose qui ressemble à un embryon de réflexion.

L’inspiration, parfois, ce n’est pas une illumination. C’est une coïncidence, un accident. Une collision entre un cerveau en vagabondage et un ovni culturel.

Je voulais écrire quelque chose. Je n’avais rien. Et soudain, je suis tombé sur Chuck Norris. Enfin… personne ne tombe sur Chuck Norris, je devrais le savoir à ce stade. Soudain, je me suis pris Chuck Norris en pleine poire.

Finalement, je me dis que l’inspiration, c’est peut‑être ça : laisser son esprit lancer des coups de pied circulaires, histoire de voir ce qui tombe. Et advienne ce que Chuck Norris voudra. 😬


Une réponse à “L’inspiration ? Quand elle frappe, la page blanche se met au garde-à-vous”

  1. Avatar de Gérard PETIT
    Gérard PETIT

    bien

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